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La nuit arrive trop tôt et s'en va trop tard, la fatigue est tombée sur nous tous, comme une pluie de plomb.
Je pars précipitament de chez moi alors que le ciel dors encore, et je rentre tard, épiée par la lune. Je n'aime pas cette periode de passage entre l'automne et l'hiver, où la nature meurt et que le froid ne gèle pas encore le temps.
On avance, on avance, parcequ'on doit, sans trop savoir pourquoi. " Prépare ton avenir, c'est le seul moyen de s'en sortir ". Ou plutot d'y entrer.
Je ne suis pas au bonne endroit, vraiment, l'océan de béton sur lequel je vie m'use les pieds et l'esprit. Je m'imagine des jungles fraiches et sombres, la fraicheur de la bruine sur les hauteurs du mont st esprit. Les matins d'avant, je me levais souvent plus tôt pour regarder le soleil se lever sur l'océan Atlantique, du haut de la colline la plus élevée de tout le sud de la Martinique. Aujourd'hui je me lève parceque je dois me lever, ingurgiter ma portion de savoir, vomir de la bouillie de cervelle sur des copies à grands carreaux, et me réjouir, parfois déprimer, d'une petite fraction qui danse dans le royal cadre rouge réservé à la correction. Avant lorsque je venais d'entrer dans ' l'école des grands ' et que je m'ennuyais un peu, je m'évadais lorsque je regardais à l'horizon de la cour en terre battue, je voyais du vert et du bleu.
Ici, tout est pâle, les nuages eux mêmes semblent déprimés. Ils ne forment que de insipides bandes sales, tandis qu'en Martinique, leurs architectures est d'une complexité étonnante.
A croire que je ne m'y ferai jamais.
Je deviens constamment maussade, parfois même déprimée, par le froid mouillé et par l'hostilité des conversations, par l'éloignement des gens à qui je tiens. Les relations humaines sont mes seules sources de lumières, mais nous avons chacun une vie, n'est-ce pas ? Alors c'est vrai après tout, pourquoi resteriez vous près de moi par ma simple volonté ?
Nous sommes tous solitaires, que ça plaise ou non.
Publié par Patchouly à 17:47:22 dans Take-me-somewhere-nice | Commentaires (3) | Permaliens
C'était le début du printemps, et il faisait encore froid pour la saison.
J'avais passé 3 mois sans te voir, mon amour, tu dépérissais, et nous mourrions tous les deux. Je me remémorais chaque jour les rares fois où tu arrivais à voler un téléphone pour m'appeler, et lorsque j'entendais ton chuchottement au combiné, je fondais en larmes. Je m'en voulais ensuite tellement de ne pas avoir eu la force de m'exprimer autrement qu'en pleurant lorsque notre communication se coupait brusquement parcequ'une infirmière t'avais supris en train de m'appeler.
Je passais des heures près d'un arrêt de bus, où je savais que depuis ta chambre, tu me voyais. Je comptais les fenêtres, et savais où était ton lit. Je fixais alors interminablement la petite vitre teintée à travers laquelle je savais que tu m'observais, même si je ne pouvais que t'imaginer derrière les vitres noires sans reflets. Parfois tu arrivais en montant sur une chaise à me dessiner un coeur, ou bien tu accrochais des feuilles sur lesquelles étaient inscrites des grandes lettres au feutre de noir. Chaque vendredi à 16 heures, les messages accrochés à ta fenêtre volait dans le vent, " pense à toi ", " m'oubli pas ".
Et vint le jour où je trouvais les mots que tu ne me disais presque jamais " je t'aime " accrochés à ta fenêtre. Je n'ai pas été flattée, je n'ai pas rougi, j'ai juste baissé les yeux, et là j'ai compris que tu avais accepté de t'en aller. Le courage te quittait, et tu te laisserai embrasser par l'étreinte glacée de celle qui t'observait déja depuis si longtemps.
Le soir même j'ai fait pleurer ma mère, j'ai successivement menti, menacé, crié, imploré. Et j'ai obtenu le droit de te revoir de nouveau, mon frère, mon âme.
Je suis entrée dans ta chambre, ça sentait la javel, comme s'ils te croyaient mort et que ta chambre avait déja été désinfectée de toutes les merdes qui s'attaquaient au corps que je chérissais tant. Tu étais assis sur ton lit, tu balançais tes pieds dans le vide. Ton visage atrocement maigre souriait dans le vide, et lorsque tu m'as regardé, milles expressions ont défilé sur ton visage. De grands yeux ahuris, puis un grand sourire - tu n'avais plus de dents -, tes bras se sont tendus vers moi, et puis tu les as brusquement retirés, là, ton visage c'est crispé, tu pleurerais bientôt... Je ne t'avais jamais vu pleurer, en presque 15 ans d'amour fusionel, alors je t'ai pris dans mes bras et j'ai posé ma tête au creu de ton cou. Lorsque je t'ai serré dans mes bras, j'ai été effrayée par ta maigreur, ton visage sans soucils ni cheveux, ton sourire édenté, et tes effrayantes cernes noires, tes yeux clairs ne reflétaient plus le soleil, ils palissaient. Dehors, la nature avait beau renaître, je voyais encore l'hiver dans tes yeux. Tu m'embrasses longuement, et tu as du sentir que mon corps tremblait lorsque tu m'as doucement murmuré à l 'oreille de ne pas avoir peur, que tout se passerait bien, que tu m'aimerai pour l'éternité, et que plus rien ne nous séparerais.
Je regarde tous les tuyaux qui t'injecte de quoi te nourrir, de quoi vivre quelques jours de plus. Oh ça, tu ne m'as pas laissé d'illusions là dessus, tu m'as dit d'un air détaché que tu n'en avais plus que pour quelques jours dorénavant, que tu les avait entendu discuter avec ta mère. En quelques secondes, la vie m'avait bien plus détruit que toi qui attendait serainement que la mort te prenne enfin. Tu parraissais bien lucide, compte tenu de la dose de morphine qui coulait dans ton sang.
On a parlé toute la soirée et on s'est embrassé, toute les nuits, pendant 6 jours. Comme de vrai amoureux, comme si nous n'attendions que ta sortie pour revivre notre magnifique petite vie, rien qu'à nous deux. Mon amour, je l'ai toujours cru jusqu'à la dernière seconde de ton existence, et de mon enfance. Le soir une infirmière venait me montrer une chambre dans laquelle je dormai pour la nuit, bravant les interdits de son supérieur parcequ'elle avait pitié de moi. Et puis lorsque l'équipe de nuit prenait possession des locaux, je me faufilais dans ta chambre tandis qu'ils discutaient de leur vie autour d'un café. A chaque fois, tu avais le même sourire surpris, et je venais poser ma tête sur ton torse, tes mains sur mes cheveux. J'écoutais ton coeur battre, régulièrement et faiblement, jusqu'à cette nuit où ce rêve glacé me brisa les os, et que son réveil m'anéantissa le coeur.
Ta mère en pleurs, ta main chaude qui semblait toujours un peu tiède.
Et puis plus tard, ton corps pâle, froid et dur, qui reposait contre le lit d'alluminium. Tes traits affaissés. Et ton esprit qui me cachait les yeux de ses mains transparents. La destruction de mes rêves, de nos vies. Ma vie qui se résume à une boite rouillée, pleine de lettres timbrées respirant la colère, la tristesse, la nostalgie et l'amour.
Revient encore mon ange, souffle sur la poussière qui recouvre nos souvenirs, et dis moi une dernière fois que tu m'aimes toujours...
photographie : mon petit travail de hier aprem'
Publié par Patchouly à 17:01:46 dans Take-me-somewhere-nice | Commentaires (1) | Permaliens
Les yeux fixes, face au miroir. Plus question de se défiler maintenant. Je m'approche encore un peu jusqu'a ce que de la buée se forme contre la vitre. Les rêves d'enfants sont partis, que deviens tu Patchouly, et qu'es-tu devenue ?
Un jour, j'ai eu l'occasion de préparer la salle d'un Opéra avant une grande représentation... Orphéo, il me semble. Celui qui m'y avait donné l'accès réglait la lumière avec ses collègues, lorsque je suis partie m'égarer dans les coulisses, et dans les loges aux lumières blanches qui reflètent sur les inombrables miroirs. Et l'arrière scène ou sont rangés tous les décors grandioses, de nuages rose et des ciels violet. Des forets aux centaines teintes de verts et d'oranges. Lorsqu'on regarde vers le haut, on a le vertige tant le plafond est loin. Et tout ces cordages, les poulies, le sol qui grince sous les pieds. J'entre sur la scène, un théâtre vide, des milliers de places de velour rouge sans spectacteurs. Je ferme les yeux et j'entends les violons qui s'accordent, le bourdonnement sourd du public qui se prépare à ne plus fermer les yeux. Les dames en robes de soie et bijoux d'argents, et les hommes en noirs, la canne à la main. C'est d'une autre époque, je suis absente et le vertige me prend.
Je me réfugie dans la salle des costumes, et plonge dans le même état d'esprit qui m'habite à présent. Je regarde les costumes brillants fait de tissus clinquants, les restes de maquillage au col des chemises blanches. Les masques accrochés aux manches, j'en met un sur mon visage. Je me tourne vers un miroir, et j'admire les grandes plumes de paon qui arborent celui ci. Les motifs en spirales d'or et d'argent, et le sourire absent du masque sans vie. Je m'approche encore un peu du miroir, et je regarde les yeux. J'ai peine à voir que ce sont les miens, et non ceux du masque.
" _ Qui es tu, Patchouly ?
_ ...
_ Je me perd en me cherchant. "
J'ai joué tant de rôles que je ne sais plus qui je suis. Je suis l'anti spontanéité. Mes gentillesses, mes colères et mes sautes d'humeurs sont préméditées. Je m'observe constamment en train de vivre, parfois j'en rigole, d'autres fois l'amertume m'envahit. Chaque jour les mêmes gestes et les mêmes réveils. Je m'endors inévitablement d'humeur morne et maussade, car je me repose d'une journée sans surprises en vue d'en revivre une autre semblable.
Alors, c'est sans doute ça, l'adolescence. Cette double envie. D'un côté les grands projets qui feront plaisir aux parents, et qui m'assureront " un-avenir-assuré ", les concours de science po, la fin de ma dépendance parentale, les licences d'histoire, mon compte bancaire et mon lot de factures... Et d'un autre mes envies intimes, mes besoins inassouvis, mes frustrations incessantes; les bonheurs simples, la nature, la tendresse, la joie de se sentir importante aux yeux de quelqu'un sans parler précisément d'amour passionel. Avoir le choix de partir pour l'envie, pour voir autre chose.
En errant je serais la moins solitaire de tous. La solitude arrive quand les gens qui comptent nous lachent. La solitude, c'est le désir inassouvi du regard d'autrui.
J'ai tellement envie de partir...
Finalement, combien d'hommes nourissent ce rêve d'évasion ? Je ne suis rien de plus qu'une enfant qui hésite à mettre les oeillères de velour, sorte de laissez-passer permettant de continuer à tenter de rattraper la vie. Oublier toutes ces histoires de maisons en sucreries et de sorcières, les jeunes filles aux allumettes, les lutins et le parfum des gateaux au chocolat mêlé aux frites-steak haché du mercredi après midi. C'est sans doute le stade ultime par lequel tout le monde est passé. Accepter de dénaturer toutes les sensations pour entrer tête baissée dans le train de vie que l'on m'offre ou bien vivre comme je le conçoit.
Oh... si j'osai, je ferais tant de peine à ma mère qui se rend déjà malade pour toutes les conneries que fait ma soeur qui à préféré sauter dans le vide lorsqu'elle s'est aperçue du choix qu'elle avait fait...
Le choix serait donc de renoncer à mon appaisement, à mon unique nirvana pour rentrer comme tous par le métro à 18h le teint grisé par la lumière blafarde.
En espérant alors que ces pages resteront en ligne plus longtemps que les anciennes, et qu'elles m'ouvriront de nouveau les yeux, si je me perd dans les insipides aventures de ma vie d'adulte.
Photographie d'un ami se préparant pour un spectacle auquel nous participions, au théâtre.
Publié par Patchouly à 20:01:43 dans Take-me-somewhere-nice | Commentaires (0) | Permaliens
Aujourd'hui c'est la Toussaint.
Hier c'était Halloween, je ne l'ai pas fêté.
Demain j'aurai mon temps, pour penser à nous.
M'enfermer dans nos souvenirs
Et pour une journée, ne plus me forcer à avancer
Sans toi.
L'image est une photographie que j'ai faite aujourd'hui. Svp, ne volez pas... j'y tiens.
Publié par Patchouly à 21:45:26 dans Take-me-somewhere-nice | Commentaires (0) | Permaliens
Laissez moi respirer.
Foutez le camps avec vos menaces dégueulasses.
Foutez le camps de ma tête, de ma planète.
Laissez moi juste vivre dans la simplicité
Vos ultimatums m'empoisonnent
Dans mon coeur angoissé, le sang ne passe plus, j'étouffe un peu plus
Vous me tuez.
Publié par Patchouly à 21:01:13 dans Take-me-somewhere-nice | Commentaires (0) | Permaliens